de la compagnie « Je crois que je dormirai mieux » Avignon théâtre des Halles 20h le jeudi 27 février 2025.
Ecriture et mise en scène Pierre de Briancion
Distribution Fanny Carrière, Ahmed Fattat, Clément Deboeur, Naël Malassagne, Tamara Lipszyc
Création lumière Jade Rieusset
Scénographie Rudy Guardet
Costumographie Noé Quilichini
Si un jour j’étais seule sur terre
je crois que je dormirais mieux.
Extrait de la pièce
C’est l’histoire de Monsieur K qui n’est pas un samouraï, simplement un jeune homme ordinaire dans un monde barbare ou un barbare dans un univers où il est prisonnier par un trop-plein d’amour d’une mère courage et d’un père qui ne comprend pas comment il a mis sa graine et qui met son grain de sel dans la vie de son rejeton en lui assainissant des conseils « si j’étais toi … », histoire de répéter le père qui la mit au monde. Un cercle comme un couteau, qui transperce Monsieur K, jeune homme stable dans un travail où il gagne beaucoup, la fierté de maman.
Monsieur K lit et la bibliothécaire lie avec lui une relation amoureuse, pour se divertir de son ennui et par le fil des mots de Monsieur K, nous assistons à la vacillation de l’armure du samouraï quand il rencontre un infirmier en fentes de savoir qui lui dit: « – vous êtes malade ». Monsieur K n’est pas un cafard. Certes, il fait avec la bête comme l’a fait Kafka, mais son cas est bien à part sauf que la force noire n’est pas celle du jaune et nous ne sommes pas devant une série télé dont le son est bref. Le monde n’est pas un dessin animé. A Monsieur K, on ne la fait pas. Monsieur K n’est pas un employé servile, il n’est pas dans une série d’une pomme où l’histoire réside dans le fait qu’une entreprise a réussie à implanter des puces dans leurs employés pour qu’il y ait des êtres différents dans la vie privée et dans celle professionnelle. Non. Comme dirait la maman de Monsieur K : « – On vit dans le meilleur des mondes ».
Il faut se méfier des solitudes qui marchent dans la jungle.
Monsieur K, ce cas à part, dérive dans une réalité diluée et comme le sucre de l’absinthe, la maladie s’évapore pour arriver au dénuement du dénouement qui noue le spectateur à sa profondeur psychique. La mise en scène, la scénographie et la costumographie serventt à la mise en abîme qui fait plonger le spectateur dans les méandres de l’existence du cognitif :
serions-nous tout.e.s malade du langage?
Jeudi 27 février, j’ai vu une naissance ou une renaissance du spectacle vivant, avec une écriture qui permet de garder l’espoir du spectacle qui vit.
La suite de la scène est belle. Une jeune compagnie marseillaise à suivre, issue de l’ERACM. Espoir en vie

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